16/03/2008

Négociations au fédéral

Négociations au fédéral : Quelques balises de discours.

 

 

1. PS = Stabilité / Pas de PS = Chaos

Aujourd'hui tout le monde se rend compte que le PS est le parti qui donne de la stabilité et le seul parti qui donne une dimension humaine aux décisions gouvernementales.

La situation actuelle n'est pas idéale. Pour nous PS, ce serait tellement plus simple d'aller dans l'opposition, de laisser un gouvernement de droite à la Sarkozy se former, se dégrader et critiquer. Mais, si on faisait ça, on pourrait s'attendre à un véritable recul social. Comme on le voit d'ailleurs en France.

Le PS n'est pas parfait, mais quand il s'agit d'améliorer le pouvoir d'achat, les pensions, les aides aux familles, la santé des gens : le PS est LE parti le plus efficace.

Et puis le problème, c'est que quand le PS est dans l'opposition, comme on l'a connu pendant 6 mois, les autres se jettent des pots à la figure et rien n'avance. On a la preuve que sans le PS, c'est clairement l'immobilisme total au gouvernement.

 

2.  Les acquis

Depuis deux mois que le PS est au gouvernement on a eu :

-         le fonds mazout

-         le plan cancer

-         les décisions budgétaires sur les pensions, le pouvoir d'achat, les familles

Aujourd'hui il faut aller plus loin et c'est tout l'objectif du PS.

Nous voulons concilier deux aspects :

-         ne pas faire perdre de temps aux citoyens : l'orange bleu libérale a déjà fait perdre trop de temps et a trop discrédité le monde politique

-         donner une empreinte progressiste et sociale forte au prochain gouvernement

Ce ne sera pas facile. Mais le PS a l'habitude de se battre. On a des défauts, mais les gens savent qu'ils peuvent compter sur le PS quand il s'agit de les défendre au mieux.

 

3. Les négociations

Ne comptez pas sur moi pour vous donner des infos « scoops ». Vous avez vu que sous l'orange bleu : chacun essayait de tirer la couverture à soi, et pour finir ils se sont tous retrouvés tout nu. La politique, ça doit se faire sérieusement. Pas par petites phrases télévisées.

Elio Di Rupo négocie avec des lignes de conduite claires. Et il fera ce qu'il a dit. Tous les collaborateurs du PS sont mobilisés. Toutes les propositions que nous avançons sont budgettées et étudiées. Le PS ne viendra pas avec des symboles ou des gadgets. Le PS fait des propositions très concrètes.

Et puis les Francophones peuvent compter sur le PS pour être défendus. Parce que oui, il faut dialoguer. Mais il ne faut pas être naïf. Parfois, certains partis flamands formulent des propositions qui sont vraiment très désavantageuses pour les Bruxellois ou les Wallons. Au PS, on a une expertise très forte. Et on essaye de décoder tous les effets des propositions ambiguës.

 

4. L'ambiance générale

Vous savez en politique, il y a ceux qui critiquent tout et tout le temps. Et puis il y a ceux qui avancent, qui proposent, qui sont positifs. Nous au PS on est positifs et on travaille. Ce n'est pas facile. Les programmes sont très différents autour de la table. Il y a des partis qui veulent absolument faire des cadeaux aux plus riches ou aux grosses entreprises. Alors que nous, au PS, on veut surtout travailler pour les gens : ceux qui travaillent, ceux qui créent, ceux qui veulent se lancer.

Le PS veut qu'on soutienne les projets des citoyens. Pas qu'on gratifie de gadgets ceux qui ont déjà tout.

 

5. La vague « Rose »

Vous savez, on critique toujours plus les socialistes que les autres partis. Pourtant on a vu que point de vu scandales, le MR et Ecolo ne sont pas en reste.

Mais regardez objectivement : quand le PS est dehors, c'est la politique bling bling. Mais rien de concerte pour les gens. A ce sujet l'exemple français est illustratif ! Qu'est-ce qu'on n'a pas entendu sur « Super Sarko ». Même en Belgique on avait droit au Sarko show. Et la campagne française a influencé la campagne belge, chacun s'en souvient. Pourtant quelques mois plus tard : c'est le désenchantement ! On remarque le vrai visage de la droite libérale : « donner beaucoup, mais à quelques privilégiés ».

Quand je vois Zapatero qui l'emporte sur la droite, et quand je vois que dans les villes et communes françaises, les citoyens se disent que c'est le PS qui les défend le mieux ; je me dis que els gens ne s'y trompent pas. Ceux qui veulent faire illusion, ne durent pas longtemps. Ca prouve que les gens sont intelligents.

 

6. Du discours aux actes

Social, santé, pouvoir d'achat des plus faibles : au fait, Didier Reynders n'aime pas ! Après avoir estimé que "ça aurait été beaucoup plus simple de négocier avec les Ecolos qu'avec le PS", Didier Reynders remet le couvert.

Il estime, vu les exigences sociales et pouvoir d'achat du PS que "C'est toujours aussi difficile que d'habitude de négocier avec les socialistes. C'est ma neuvième année de négociation avec les socialistes, je ne pensais pas les retrouver autour de la table au vu du résultat des élections mais puisque le CDH l'a souhaité : on doit discuter."[1]

Nous qui sommes des gens constructifs, notre ambition n'est pas de critiquer pour le plaisir ; c'est bien connu. Mais on peut quand même remarquer que ce que DR vante médiatiquement comme une volonté  "d'améliorer le pouvoir d'achat", c'est une réforme fiscale « Very VIP ». Un peu comme son ami Sarko qui a mis en place en tout début de législature le bouclier fiscal pour les plus riches, Reynders, veut réduire prioritairement les impôts des plus riches. Problème : sa réforme coûterait 3,3 milliards d'euros!!!!

Pour rappel, pour avoir une notion des prix à la grosse louche des dernières mesures budgétaires:

- augmentation des pensions : 100 millions d'euros

- fonds mazout : 30 millions

- augmentation des allocations familiales : 10 millions

- augmentation des salaires : 75 millions

- plan cancer : 380 millions d'euros

- fin des discriminations à l'embauche pour les personnes handicapées (mesure dite du « prix de l'amour ») : 20 millions

Faites l'addition, multiplier par 2.... Vous serez encore loin du coût de la proposition de réforme fiscale VIP pour gros revenus du MR....surtout si on ajoute à cette enveloppe VIP, le très large dépassement budgétaire de la mesure Reynders « cadeau aux grosses entreprises »  (Intérêts notionnels) évalués à ce stade à un coût de 2,4 milliards contre 560 millions initialement prévus.

 



[1] Inutile de vous rappeler qu'avec 20 sièges, le PS, c'est deux fois plus que le CDH, presque deux fois plus qu'Ecolo et Groen réunis et plus que le VLD (18 sièges) qui a quand même fait -7 sièges aux élections de juin 2007.

 

23:01 Écrit par Sourds et Malentendants Socialistes dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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